18.03.2013

Zitat:
SION SE RASSURE AU BOUT DE L’ENNUI
FOOTBALL Les Valaisans repartent de la capitale sans avoir encaissé de but (0-0). Vanins arrête un penalty et YB fait peine à voir.
Dans n’importe quel autre stade du pays et peut-être du monde, la bronca qui salua les acteurs au coup de sifflet final se serait fatalement transformée en invectives. Mais le public bernois est décidément trop bonhomme ou trop désabusé pour sortir de ses gonds. Hier après-midi, il en avait pourtant largement le droit. Est-il en effet possible de s’ennuyer davantage que lors de cette première mi-temps au niveau technique parfois affligeant? Franchement, on en doute. Et même si le FC Sion a débarqué au Stade de Suisse avec l’obsession de défendre, il serait bien injuste de lui imputer toute la responsabilité de ce triste spectacle.
«Il fallait vraiment stopper l’hémorragie, expliquait Gelson Fernandes sans se voiler la face. On avait décidé de rester en bloc, solide, pour ne pas perdre et ainsi protéger notre place européenne. » Sur la feuille de match, ce virage sécuritaire prit la forme d’une défense à cinq avec le trio Adailton-Dingsdag-Lacroix dans l’axe. Et, dans les faits, il déboucha sur une volonté – souvent maladroite – de relancer depuis l’arrière pour attirer le bloc bernois et ainsi ouvrir des espaces aux trois joueurs offensifs. Kyle Lafferty de la tête (11e) puis l’intenable Yannick Ndjeng (15e – excellent Wölfli) auraient pu valider rapidement cette option. Mais c’est finalement l’invraisemblable passivité bernoise – un seul tir de Nuzzolo en 45 minutes – qui donna du crédit à la prudence sédunoise.
Vanins en justicier
«On a vraiment souffert devant le système mis en place par Sion, tentait de justifier Martin Rueda, entraîneur bernois. Ils sont venus défendre à sept avec cinq arrières plus Gelson et Gattuso devant eux. Mon équipe n’a pas réussi à trouver la faille. Et c’est d’autant plus rageant d’avoir manqué ce penalty car un but les aurait poussés à se découvrir. » Vrai. Mais qu’avait donc proposé YB jusqu’à ce tacle irrégulier de Bühler sur Schneuwly? La réponse tient en un mot. Rien. Et, comme Yannick Ndjeng venait en plus de frôler l’ouverture du score de quelques centimètres (52e), la détente victorieuse de Vanins face à Farnerud prit soudain des airs de justice rendue (57e).
La menace Ndjeng
«Sur l’action du penalty, je commets une erreur que Vanins efface. Cet épisode me semble bien résumer la solidarité et la cohésion affichées cet après-midi par l’équipe, résumait Arnaud Bühler. On s’est créé plus d’occasions qu’eux et la mission aurait été totalement réussie avec trois points. Mais j’ai aimé l’état d’esprit. C’est une excellente base de travail. » Pas certain que Martin Rueda puisse en dire autant. Il fallut en effet attendre le dernier quart du match pour voir un deuxième tir bernois adressé dans le jeu en direction de Vanins (68e, Scott Sutter). Quant à la dernière vraie occasion de ce duel frileux, elle revint à Yannick Ndjeng – qui d’autre? – dont la frappe enroulée offrit une belle photo souvenir à Wölfli (79e).
Alors, bien sûr, YB profita de l’entrée de Zarate pour passer les quinze dernières minutes dans le camp sédunois. Mais cette pression tardive et diffuse traduisait alors davantage la peur de tout perdre des Valaisans qu’une rébellion bernoise quelconque. Car, sans jamais être un projet de jeu crédible, «ne pas vouloir prendre de but» reste le plus vieux des remèdes pour se remettre la tête à l’endroit. Et, en ce sens, le FC Sion, lui, a réussi son match.